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Les mouches

Ah… le fameux choix de la mouche!

Voici une réflexion d’un ancien (membre et faisant partie des mordus qui ont créé le club):
Les MOUCHES… en veux-tu, en voilà !
La lecture de la presse spécialisée ou le Web nous propose chaque jour de « nouvelles mouches » agrémentées de noms ronflants, œuvres de « monteurs – vendeurs » professionnels, utilisant des matériaux de plus en plus sophistiqués.
Exemple pris au hasard :

« L’ORANGE JUICE » (le nom anglais est de rigueur !)

Hameçon n°10 à 14 –fil de montage UNITHRAED 8/0 noir –Abdomen : ANTRON orange, Thorax : dubbing IRISE DUB orange, Cerclage : ULTRA WIRE noir – TETE : casque de TUNGSTENE de 3.8

Bien évidemment si vous ne possédez pas tous ces matériaux, vous devrez passer à la caisse pour monter ce modèle qui en définitive n’est qu’une « reproduction » d’un modèle ancien monté avec les « vils matériaux » qui sont dans la boite de tous les monteurs amateurs. À part quelques rares exceptions, les mouches qui nous sont maintenant proposées, sont pratiquement toutes dérivées de modèles déjà répertoriés. Seuls les matériaux de montage font la différence, souvent pour le plaisir (ou le profit) du monteur et la tentation de l’acheteur.
Il faut se souvenir que les anciens se contentaient bien souvent de mouches montées avec un bout de fil prélevé dans la boite à couture et une plume arrachée au cou du coq de la ferme voisine – la PAYSANNE – avec laquelle ils remplissaient leur panier.

Il est vrai que nous pouvons leurrer une truite avec n’importe quelle mouche, même avec un mégot de cigarette, mais nous ne prendrons régulièrement du poisson qu’avec « La bonne mouche au bon moment ».
Alors… la bonne mouche, c’est celle qui « prend le poisson que l’on recherche, là et quand nous pêchons » et non pas celle qui, à priori, « plait » au pêcheur, ou au monteur.

Le choix de « la MOUCHE » à utiliser est donc fonction de divers paramètres :

  • Le genre de poisson recherché : Saumon, truites farios, arc en ciel, ombres … (Nous n’utiliserons pas les mêmes mouches pour le saumon ou l’ombre, c’est évident.)
  • Le type de parcours prospecté : grande rivière, petites rivières, lacs, étangs…
  • Les conditions de pêche :

L’eau : profondeur, niveau, couleur, courant, température …
Le ciel : clair, nuageux …
Le vent : direction, force …

  • Le moment de la partie de pêche : matin, midi, coup du soir …

Mais aussi de la manière dont vous l’utiliserez (canne, soie, bas de ligne… et qualité de la présentation)

Pour illustrer ce propos, je me souviens d’un soir ou ayant pique-niqué sur les bords de Sée, la pénombre étant tombée sur la rivière, celle-ci se mit à bouillonner sous les gobages de belles farios. J’avais sur une pointe de 12/100 une superbe « Sherry Spinner » que je m’efforçais de présenter au mieux à ces truites en folie. Elles montaient à côté de ma mouche sans y porter attention. De nombreuses mouches à ailes bleues survolaient la rivière, un changement de mouche s’imposait.
Je choisis une « BWO » et au premier posé ce fut la capture, suivie de 4 ou 5 autres, la mouche et les gobages devenant invisibles dans la nuit.
C’est donc finalement l’expérience personnelle et l’observation attentive du milieu, avec éventuellement les conseils d’une vieille main, qui pourront nous guider dans le choix opportun de ce qui pourrait être « La bonne mouche du moment ».

Les « pécheurs monteurs » qui n’ont pas encore acquis une certaine pratique s’efforcent de monter des quantités de modèles dont la majorité dormira tranquillement dans une boite, alors qu’ils n’utiliseront sur leurs rivières préférées que quelques modèles qui auront fait leurs preuves et qui auront acquis toute leur confiance, ce qui est un facteur essentiel de réussite.

Quel monteur professionnel, voir quel « moucheur », ne vous a pas proposé « sa mouche miracle » ?
Il est probable que cette mouche miracle donne d’excellents résultats, sur une rivière ou dans une région donnée, et dans des conditions de pêches appropriées, mais qu’en est-il ailleurs, autres régions, autres types de rivières, autres conditions ?

Lorsque l’on va pêcher dans une région, ou sur une rivière inconnue, un bon truc consiste à se rendre chez le marchand d’articles de pêche le plus proche et de se renseigner sur les mouches utilisées par les pêcheurs locaux, souvent celles qui restent en plus petit nombre dans les cases de présentation (les plus vendues) ou encore de rencontrer un pêcheur du cru qui vous montrera sa boite à mouches, faute de quoi il faudra vous fier à votre « nez » en observant les insectes éventuellement présents sur la rivière.(Espèce,couleur, grosseur)

N’oublions pas que la même mouche présentée dans une Taille différente (hameçon 14 > 18 par exemple) peut transformer un échec en réussite et qu’une mouche quelque peu « défraîchie » peut être préférée à sa sœur jumelle vêtue de neuf.

Ces réflexions d’un vieux « pêcheur- monteur » puissent-elles vous permettre d’avoir la bonne mouche au bon moment et de « piquer » davantage de poissons pour votre grand plaisir.